D E U T S C H L A N D . D E – L E M A G A Z I N E LE PARCOURS VERS UNE CRÉATION RÉUSSIE En Allemagne, pour créer avec succès une entreprise, il faut bien se préparer – cela s’applique tout particu- lièrement aux personnes issues de l’immigration. Les personnes immigrées provenant de pays non membres de l’UE ont généralement besoin d’un per- mis de séjour pour exercer une activité indépendante ou libérale, conformément à l’article 21 de la loi alle- mande sur le séjour des étrangers (Aufenthaltsge- setz). Si les créatrices ou créateurs d’entreprise peuvent subvenir à leurs besoins avec leur activité indépendante, alors le titre de séjour, initialement li- mité à trois ans, est prolongé. Après cinq ans, un « permis de séjour permanent », donnant droit à un séjour illimité en Allemagne, est délivré. Dans l’artisanat, la réglementation allemande rela- tive aux chambres professionnelles s’applique égale- ment. Dans la plupart des métiers artisanaux, les créatrices et créateurs d’entreprise ont besoin d’un titre de Meister (maître artisan) – ou ils mandatent une Meisterin ou un Meister comme responsable technique. Il existe toutefois des métiers artisanaux « non soumis à autorisation » (zulassungsfreie Handwerke) dans lesquels il est possible de se lan- cer sans titre de Meister. Les Handwerkskammern (Chambres des Métiers et de l’Artisanat) locales conseillent de manière exhaustive sur les formalités à remplir, comme l’enregistrement, le numéro d’ex- ploitation, la protection du travail et la formation continue. Pour les créatrices et créateurs issus de l’immigration, il y a souvent des heures de consulta- tion spécifiques, par exemple concernant la recon- naissance des diplômes étrangers ou la qualification. DE BONS CONSEILS, ICI Des informations sur le visa pour l’exercice d’une activité indépendante sont disponibles sur ↗ Make it in Germany. Sur le thème du capital de départ, il existe de nombreuses offres de conseil, des programmes de soutien et des prêts avantageux, par exemple du ↗ Kreditanstalt für Wiederaufbau ou KfW (banque allemande de reconstruction). En cas de chômage préalable, une subvention de démarrage accordée par ↗ l’Agentur für Arbeit (Agence pour l’emploi) peut faciliter le lancement. Les ↗ Handwerkskammern (Chambres des Métiers et de l’Artisanat) locales constituent un point de contact important. Conseil et subvention de démarrage « La formation était bonne et l’équipe très sympa- thique, mais je voulais avant tout concrétiser mes propres idées – et c’est en travaillant à mon compte que je peux le mieux le faire », confie Ana Paniagua. En vue de la création d’entreprise, elle a suivi des cours de préparation, a demandé des conseils à l’Agentur für Arbeit (Agence fédérale de l’emploi), a rédigé un business plan, puis elle a fi- nalement obtenu une subvention de démarrage. Depuis 2023, elle crée des designs et des sites web pour les petites et moyennes entreprises et, par le biais d’un portail en ligne, elle vend – avec un succès grandissant – son assortiment d’illustra- tions, de créations de bijoux et de sacs imprimés. Diplôme de fin d’études secon- daires, formation, titre de Meister Le parcours d’Imad Srywel pour se rendre en l’Alle- magne a été éprouvant : en 2014, le Syrien a fui la terreur du régime d’Assad, et après avoir traversé la Libye et l’Italie, il est finalement arrivé en Bavière. Il a appris l’allemand et a obtenu à Fürth son diplôme de fin d’études secondaires. Il a ensuite suivi une formation pour devenir mécatronicien automobile dans son nouveau lieu de vie, la petite ville de Scheinfeld, en Moyenne-Franconie. « Aujourd’hui, je suis encore reconnaissant envers la directrice du concessionnaire automobile, car elle m’a toujours soutenu, même après avoir eu quelques problèmes à l’école professionnelle », se souvient le jeune homme aujourd’hui âgé de 28 ans. Après sa formation, la pandémie de coronavirus a paralysé l’économie et de nombreuses entreprises ont recouru au chômage partiel – Srywel, pour joindre les deux bouts, faisait plusieurs petits bou- lots. Mais ce jeune artisan a de l’ambition : « Je voulais continuer à évoluer, j’ai vraiment mis les « Nous prenons nos propres décisions, ça fait du bien. » I M A D S R Y W E L , maître mécatronicien automobile